Une collection de bandes dessinées consacrée aux grandes figures du cinéma. Le cinéma est l’une des plus grandes inventions de ces deux derniers siècles et en est devenu l’un des arts majeurs. Créant la narration par l’image, il a ouvert la porte à une nouvelle forme d’expression et laissé entrer dans l’Histoire des auteurs et interprètes de génie. Avec eux, ils ont fait rêver des générations entières de spectateurs, profanes comme cinéphiles avertis.Cette nouvelle collection de romans graphiques a précisément pour ambition de vous raconter l’histoire du 7e art à travers le destin de ces femmes et de ces hommes. Ainsi, les biographies de  » 9 ½  » – dont le nom évoque à la fois l’un des plus grands films traitant du cinéma (8 ½ de Federico Fellini) et le 9e Art – se divisent en deux catégories : les grands réalisateurs et les grands acteurs. Co-dirigée par Noël Simsolo, éminent spécialiste du cinéma et auteur d’ouvrages de référence sur le sujet, cette collection offre à la fois un panorama large de l’histoire du cinéma aux lecteurs et une totale liberté de création aux auteurs qui y participent, puisque la pagination et le traitement graphique des ouvrages sont libres. En ce qu’ils sont des arts de l’image narrative, de la séquence et de l’ellipse, bande dessinée et cinéma ont toujours été intrinsèquement liés et se sont historiquement mutuellement inspirés. Script, storyboard, cadrage, découpage, mise en scène, acting… sont des termes qui peuvent se référer à un médium comme à l’autre. La naissance, aujourd’hui, d’une collection du 9e art explicitement dédiée aux icônes du 7e relève par conséquent d’un prolongement logique. Le mot de l’éditeur : “Les biographies dessinées de  » 9 ½  » se veulent des ouvrages d’auteurs, c’est pour cette raison que nous employons le terme de  » roman graphique « . La pagination de chaque album sera importante et libre, l’écriture érudite et accessible en même temps, et les styles graphiques de chaque auteur choisis pour retranscrire au mieux l’esprit de la personnalité abordée. Notre souhait est de combler aussi bien les néophytes désirant découvrir le cinéma que les cinéphiles les plus exigeants. ” Interview de Noël Simsolo, qui co-dirige la collection : Quel est votre rapport au cinéma ?Ancien. J’ai vu mes premiers films avant l’âge de 5 ans puis de façon hebdomadaire avec ma mère et ma soeur dans les cinémas de quartier lillois, au long des années 1950. Ensuite, j’ai développé une cinéphilie ardente dès l’âge de 14 ans avec la découverte de la Nouvelle Vague et la politique des auteurs, puis les ciné-clubs… Tel mon ami disparu Serge Daney, je suis un  » ciné-fils « . Depuis 70 ans…Qu’est-ce que le médium BD vous offre en tant que raconteur d’histoires ? À mon sens, la bande dessinée est très proche du cinéma muet avec titres. J’ai d’ailleurs toujours fait un story board pour les films de fiction, courts ou longs métrages, que j’ai pu écrire. Donc je ne vois pas cela comme un dépaysement, surtout que je suis un amateur de BD de l’avant-guerre à nos jours, en particulier la ligne claire.Quel est le parti-pris, le point de vue artistique de cette collection ?De très bons dessinateurs qui pensent autant au fond à traiter qu’à leur forme graphique personnelle pour styliser le récit. En termes de narration, l’option du roman graphique, qui offre une plus grande liberté de création aux auteurs, nous a semblé, à mon éditeur et moimême, dès le départ une évidence.Comment avez-vous choisi les acteurs et cinéastes qui constitue la collection ?On en discute avec l’éditeur… Sergio Leone, Alfred Hitchcock et François Truffaut m’étaient évidents. Lino Ventura et Patrick Dewaere sont des idées de lui, que j’approuve ; Jayne Mansfield était une envie partagée.Pourquoi avez-vous pris la décision d’écrire le scénario de tous les ouvrages consacrés aux réalisateurs ?C’était ma condition de départ. Mais dans les premiers temps, je pouvais aussi m’occuper des acteurs. Chose faite, d’ailleurs : j’ai terminé le scénario sur la vie d’un acteur français. Il me semble même que c’est moi qui ne voulais pas être le seul scénariste de la collection.Plus largement, comment intervenez-vous dans la collection ?Hors ma part d’historien, j’apporte mes connaissances du milieu et je fais attention aux fausses rumeurs, surtout quand il s’agit d’acteurs que j’ai connus – ce qui n’est pas le cas de Jayne Mansfield, hélas… Autrement, l’éditeur et moi-même choisissons scénaristes et dessinateurs ensemble.Vous êtes l’auteur de plusieurs biographies de personnages historiques en bande dessinée. Comment avez-vous vécu le fait d’écrire sur des personnages que vous avez connus personnellement ?Pour Sergio Leone, j’étais en permanence dans la recherche de la vérité et de « sa vérité. Cependant, nos rapports étaient plus proches que ceux que j’ai eus avec un autre ami dont j’écris actuellement le scénario (Rainer Werner Fassbinder). Dans le cas de François Truffaut, amitié n’est pas le mot. Disons qu’on se connaissait, c’est tout…Comment résume-t-on une vie en un album ?Comme dirait Jean Renoir, on devient  » un bouchon au fil du ruisseau « . Chaque scénario est conçu avec une approche différente.Le fait que vous entamiez  » 9 ½  » avec un ouvrage »consacré à Sergio Leone n’est pas un hasard. Comment vous êtes-vous rencontrés et pouvez-vous nous en dire plus sur la relation que vous entreteniez avec ce cinéaste ?Ce serait bien long à raconter. Je l’ai rencontré à la sortie de Il était une fois la Révolution puis nous sommes devenus des amis proches en 1973, et ce jusqu’à sa mort. On se voyait principalement à Paris, Rome et au festival de Cannes.Si vous aviez une anecdote marquante à nous raconter concernant Sergio Leone ?Quand je lui ai demandé pourquoi il supportait des parasites qui ne le lâchaient plus dans un festival, il m’a répondu :  » Ce n’est rien, Noël, ils sont comme des pommes qui pourrissent sur un arbre ; inutile de secouer le pommier, ils tomberont tout seul… et sans rien avoir obtenu de moi.  » Lancement le 24 avril 2019 avec Sergio Leone et Lino Ventura et l’oeil de verre