Apparemment, il ne fait pas bon créer des bandes dessinées sur Jésus, outre-Atlantique. Quelques semaines après une polémique sur le sujet, un second comic vient d’être pris pour cible par les conservateurs et bigots américains. Jesusfreak, de Joe Casey et Benjamin Marra, faisait de Jésus un super-héros, maitre en kung-fu, violent et impitoyable. Une parodie qui ne fait pas rire la chaine Fox et ses téléspectateurs…

Si dessiner un prophète peut condamner à mort, représenter Jésus peut aussi attirer des ennuis : la bande dessinée Jesusfreak, de Joe Casey et Benjamin Marra, s’est attirée les foudres de la chaine conservatrice américaine Fox, parce qu’elle présente Jésus comme un super-héros qui n’hésite pas à envoyer ad patres ses ennemis à coup de prises de kung-fu.

« Une bande dessinée fait de Jésus un assassin violent », indique le titre de la Fox, ce mercredi 6 mars, au moment d’évoquer la bande dessinée publiée par Image Comics. « La seule bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une fiction… La vraie version est elle aussi sanglante, mais du sang versé sur la croix par Jésus qui est mort pour nous tous… Et a payé pour nos pêchés », a indiqué David Brody, chroniqueur politique pour CBN News, invité sur le plateau de la Fox.
 

Talking to @ainsleyearhardt today about the new comic book that depicts Jesus as a killer. “The good news here is that this is fiction… the nonfiction version is actually bloody as well but it’s bloody on the cross for Jesus who died for all of us… paid for our sins”@CBNNews pic.twitter.com/wlVCawRliN

— David Brody (@DavidBrodyCBN) March 6, 2019

Dans un tweet, David Brody a cité ses propres déclarations à la Fox

Difficile de prendre au sérieux la déclaration, qui désamorce elle-même toutes les critiques en rappelant que Jesusfreak est une œuvre de fiction, que chacun pourra donc apprécier selon ses propres goûts et convictions. « C’est l’une de ces bandes dessinées bizarres que les enfants vont lire, et le plus dérangeant, c’est que Jésus est un héros, mais pas ce genre de super-héros », a encore indiqué Brody.

Interrogés par l’éditeur sur leur usage de la violence dans Jesusfreak, les auteurs avaient expliqué vouloir injecter une dose de réalisme historique dans une bande dessinée totalement fantasque. « Le soi-disant “Jésus historique” a certainement vécu une vie conflictuelle, puisqu’il prêchait certaines croyances à une époque où cela condamnait à mort. Le fait que Jesusfreak présente le parcours de ce personnage dans un contexte propre à une bande dessinée de genre signifiait montrer un niveau de violence qui, à notre avis, était fidèle à la fois au genre et au personnage », indiquaient-ils.
 


Une page de Jesusfreak

Des livres LGBT+ exposés
à la censure

Sur la plateforme Change, environ 2000 personnes, au moment de la rédaction de cet article, ont signé une pétition lancée par un pasteur américain demandant l’annulation de la publication de Jesusfreak par Image Comics. Difficile de dire si l’éditeur va céder : après une pétition similaire, DC Comics avait renoncé à publier Second Coming, une bande dessinée qui mettait côte à côte un super-héros et Jésus, revenu sur Terre.

via Comic’s Beat